Enfance et adolescence (1940-1957)
John Lennon est né le 9 octobre 1940 à la maternité d'Oxford Street, à Liverpool, Grande-Bretagne, pendant un raid de l'aviation allemande (c'est la période du Blitz). Son père, Alfred « Freddie » Lennon, est marin et quitte la Lennons' house fréquemment, puis définitivement en 1945. Il ne verra plus son fils jusqu'à la beatlemania. Ses parents s'étant séparés rapidement, John part habiter à Woolton, un autre quartier de Liverpool, chez sa tante et son oncle. Il y passe le reste de son enfance.
Durant son enfance, John se montre un enfant très curieux et doué pour la littérature. Il invente des chansons à partir des comptines qu'on lui apprend à l'école. Il se crée alors un univers proche de son roman préféré, Alice au pays des merveilles. Rapidement, il se montre néanmoins aussi un enfant à l'humour exacerbé, au coup de crayon aiguisé et à l'analyse fine.
Le drame de sa vie
Sa mère, Julia Stanley, réapparaît au moment de son adolescence pour disparaître définitivement le 15 juillet 1958, renversée par la voiture d'un policier ivre. C'est sous son impulsion que, durant cette courte période où il la voit de temps en temps, il commence à jouer du banjo et du ukulélé. La mort de sa mère le plonge dans un mutisme manifeste et dans une ironie qui va devenir sa « marque de fabrique ». Il devient alors Teddy Boy, portant des vestes en cuir, une sorte de rebelle local, connu de tous à Liverpool et peu recommandable. Il ne se remettra jamais de cette disparition, lui consacrant plusieurs chansons : Julia en 1968 et Mother en 1970, où il hurle littéralement sa tristesse (ces cris font partie d'un exercice de thérapie, inventée par le Dr. Arthur Janov, très en vogue à l'époque intitulé cri primal).
Les Beatles (1959-1971)
La genèse des Beatles
Pourtant, John Lennon fréquente la Art College de Liverpool, se liant d'amitié avec des artistes comme Stuart Sutcliffe. Simultanément, il se met à jouer du skiffle dans des petites fêtes paroissiales. Inspiré par le rock et ses idoles Buddy Holly, Chuck Berry et Elvis Presley, il fonde un groupe, les Quarrymen, avec Pete Shotton, Nigel Walley et Ivan Vaughan. C'est ce dernier qui, le 6 juillet 1957, présente Paul McCartney à John : c'est la rencontre de deux talents qui seront dès lors en perpétuelle émulation mutuelle. Un autre point commun fort entre les deux jeunes hommes est qu'ils vont se retrouver tous les deux orphelins de mère l'année suivante.
John Lennon jouit d'une autorité certaine sur les quatre membres, en raison de son âge comme de ses excès. Le look de Lennon est à l'époque très influencé par Elvis Presley et Marlon Brando. Il nomme d'ailleurs son groupe les Silver Beetles par allusion au film L'Équipée sauvage, puis les Beatles, le deuxième E se changeant en A sur une idée de Lennon, en référence à la Beat Generation. Il est très influencé par le répertoire rock and roll de l'époque, et son jeu est très agressif. Le succès venant, le groupe quitte Liverpool et fait ses armes dans les boîtes du quartier chaud de Hambourg, en Allemagne. John, plein de facéties pendant ses concerts (« My name is John, I play the guitar. Sometimes I play the fool too. » – « Je m'appelle John, je joue de la guitare. Des fois je joue les andouilles aussi. »), devient le « révolté » de la bande.
En 1962, John a épousé Cynthia Powell, rencontrée à l'Art College (École d'Art) en 58 et avec qui il aura un fils, Julian, né le 8 avril 1963.
John Lennon a imposé pour cette « escapade » allemande son meilleur ami Stuart Sutcliffe. Bien que peintre très doué, Stuart se révèle un piètre bassiste, s'attirant les foudres de Paul McCartney. La rivalité entre Lennon et McCartney est à son comble quand Sutcliffe quitte le groupe pour vivre son histoire d'amour avec Astrid Kirchherr, auteur des premiers clichés officiels des Beatles. Il vit un deuxième drame lorsque Stuart meurt d'une tumeur au cerveau peu de temps après.
La Beatlemania
Au début, John est le principal chanteur du groupe. Ses chansons se montrent souvent drôles ou pessimistes (There's a Place, If I Fell, I'm a Loser, une exception heureuse étant I Feel Fine) par opposition à celles plus rieuses, mais pas toujours, de Paul McCartney, qui, de « brillant second » de John, devient peu à peu la figure harmonique dominante du groupe. L'opposition éclate en 1965, lors de la préparation du 45 tours comportant We Can Work It Out (de McCartney) et Day Tripper (de Lennon). Chacun des deux chanteurs pense que sa chanson est bien meilleure que l'autre et mérite donc la face A, celle qui passe sur les radios. Ne pouvant se mettre d'accord, pour la première fois, un 45 tours sort avec deux faces A et les hit-parades hebdomadaires passent l'une et l'autre, en alternant chaque semaine.
Bob Dylan reconnaît en John Lennon un talent d'écrivain. De cette reconnaissance va naître un respect et un échange entre les deux icônes de la pop. Car les Beatles, et principalement Lennon, deviennent des icônes. Il vit très mal cette folie qui les entoure et se réfugie dans les sarcasmes et la nourriture (il parle de période « Elvis gros » dans une interview donnée au magazine Rolling Stone). De cette période, où il se répugne lui-même, naîtra la chanson Help!, véritable appel au secours lancé au monde. Cela étant, le film homonyme montre un John Lennon de corpulence parfaitement normale.
« Nous sommes plus populaires que Jésus désormais »
Après avoir écrit A Spaniard in the Works en mars 1966, cinq mois avant la troisième tournée américaine d'été (les deux premières eurent lieu en 1964 et en 1965), John Lennon donne une interview à Maureen Cleave, une amie journaliste. Il lance : « Le christianisme disparaîtra. Il s'évaporera, rétrécira. Je n'ai pas à discuter là-dessus. J'ai raison, il sera prouvé que j'ai raison. Nous sommes plus populaires que Jésus désormais. Je ne sais pas ce qui disparaîtra en premier, le rock'n'roll ou le christianisme... »[2] [3] Aussitôt déformés, réduits, ces propos provoquent une vague de haine, partie du sud des États-Unis, contre le groupe et Lennon en particulier. Cette période marque aussi les derniers concerts des Beatles, qui ne savent plus comment concilier les innovations musicales et les foules hystériques.
Lennon tourne aussi un film appelé How I Won the War. Son sens de l'ironie et du non-sens font fureur, bien qu'il n'y tient pas le premier rôle. Lors du tournage de ce film de Richard Lester, à Alméria en Andalousie, Lennon compose un de ses titres phares, Strawberry Fields Forever.
L'éclatement du groupe
Lennon va plus loin et plonge dans le psychédélisme, à grands renforts de drogue et de sonorités complexes. Il cherche de plus en plus une paix intérieure, et après avoir suivi un temps les préceptes d'un gourou en Inde, il se tourne vers une artiste d'avant-garde japonaise qu'il a rencontrée lors d'une exposition d'art, Yōko Ono. Sa vie sentimentale est une longue histoire tourmentée. Son divorce résulte surtout de cette liaison avec Yōko Ono, qui deviendra sa seconde épouse et qui aura une grande influence sur la suite de sa carrière (elle en sera d'ailleurs critiquée, étant tenue pour responsable de la séparation des Beatles par de nombreux fans).
Ses compositions se montrent ambitieuses et très denses (Lucy in the Sky with Diamonds, All You Need Is Love, I Am the Walrus, A Day in the Life, Strawberry Fields Forever). Pourtant, la présence de Yoko Ono lors des sessions d'enregistrement provoque ranc½ur et animosité. Tout cela aboutit à l'Album blanc qui consacre l'éclatement des Beatles, chacun, a-t-on prétendu, ne servant aux autres que de musicien de studio. Abbey Road sera leur dernier vrai travail d'harmonie commune, puisque Let It Be sera publié plus d'un an après son enregistrement, grâce au travail de montage et de mixage de Phil Spector. La même année, d'ailleurs, le disque solo de Paul, où il joue à lui seul tous les instruments par re-recording, est déjà sorti, rapidement suivi par le triple album All Things Must Pass de George Harrison.
Carrière solo (1968-1980)
Après la séparation des Beatles, John se consacre à sa compagne, l'artiste du mouvement Fluxus Yoko Ono, et à sa famille. Sa carrière solo en dents de scie — car la musique n'est plus sa seule préoccupation — est malgré tout riche et fructueuse. Durant toute la décennie 1970, J. Lennon oscille entre plusieurs styles, adoptant un look toujours différent : véritable hippie, militant pacifiste, rocker, adepte de la méditation, etc...
Au début des années 1970, ce sera la provocation, le Plastic Ono Band avec le bassiste Klaus Voormann, les coups médiatiques, les phrases assassines envers Paul McCartney, les chansons pacifistes et engagées et surtout le combat de Yoko Ono pour lui faire exorciser un de ses vieux démons : la mort de sa mère. Il devient l'incarnation de l'activisme de sa génération et utilise sa notoriété dans de nombreux happenings en faveur de la paix (Give Peace a Chance). On lui doit notamment la célèbre Imagine, aux accents universels, une des chansons les plus populaires jamais écrites.
À l'été 1973, John s'éloigne de Yoko et s'installe à Los Angeles avec May Pang, sa jeune assistante et nouvelle compagne. Ce sera sa période rocker-retour aux sources (J. Lennon parle d'un « week-end perdu» ou « lost week-end »). Avec le producteur Phil Spector il enregistre l'album Rock'n Roll, constitué de reprises de classiques du rock'n'roll comme Be-Bop-A-Lula ou Peggy Sue.
Au début de 1975, J. Lennon retourne dans les bras de Yoko Ono. Le 9 octobre 1975, jour du 35e anniversaire de John, naît son second fils, Sean. Lennon se retire alors de la scène publique et musicale pour se consacrer à son fils.
Mort
Strawberry Fields, Central Park, New YorkC'est un homme réconcilié avec lui-même et revenu des affres de la surnotoriété qui signe l'album Double Fantasy en novembre 1980. Un album plein de fraîcheur et de tendresse, avec des titres chantés en alternance par Yoko et par John. Il meurt assassiné[1] à New York le 8 décembre 1980 à 22h52, après une soirée de travail en studio et alors qu'il rejoint son appartement du Dakota Building près de Central Park. Sous les yeux de Yoko, Mark David Chapman, un homme profondément religieux, mais complètement déséquilibré, l'abat de cinq balles de revolver (calibre 38). Quelques heures plus tôt, Lennon lui avait accordé un autographe.
Les raisons de son meurtre demeurent floues. Certains y voient le sentiment de trahison de Marc David Chapman, l'accusant de ne pas avoir tenu ses promesses de paix et d'égalité des richesses qu'il communiquait dans ses chansons, qui l'aurait poussé à commettre ce crime. D'autres sont plus enclin à penser à un complot du gouvernement américain, car John Lennon militait pour la paix, et en même temps, les États-Unis menaient un combat armé contre le Viêt-Nam. Il serait ainsi, en prônant la paix et l'égalité, allé trop loin.


